Bilan: un an d’écologie depuis la COP21

Un an après mon premier article sur ce blog, c’est l’heure du bilan pour la COP21. Demain, Lundi 07 Novembre, sonnera le coup d’envoi de la COP22 à Marrakech. L’occasion de revenir sur le chemin parcouru depuis l’annonce de l’Accord de Paris en grande pompe l’an dernier et d’essayer de comprendre quels seront les enjeux de ce nouveau rendez-vous Onusien sur le changement climatique.

Un an après la COP21, où en sommes-nous ?

Sur le plan physique, la machine climatique s’emballe toujours plus vite

La réalité est là. Aucun observateur à Paris l’an dernier ne s’attendait à ce que la COP21 sonne le glas du changement climatique. Mais nous ne pouvons que constater que depuis, la situation a peu évolué et pas dans le bon sens. L’année 2015 avait déjà signé le triste  record d’année la plus chaude depuis le début des relevés thermométriques. Les climatologues avaient déjà prévu que le retour du phénomène El Nino allait faire encore plus chauffer les thermomètres en 2016. Peu de doute là-dessus, les 9 premiers mois (Janvier à Septembre) de l’année 2016 sont eux aussi devenus les mois les plus chauds de l’histoire.

Les objectifs de l’Accord de Paris sont déjà hors d’atteinte

Déjà, l’objectif de limitation du réchauffement climatique en dessous de 1,5 degré Celsius semble hors d’atteinte.  Le célèbre climatologue James Hansen a calculé que l’écart entre la période de référence de l’Accord De Paris (le début de l’ère industrielle) et cette année flirte déjà avec les 1,3 degrés Celsius (voir figure 1).  Or la machine climatique se caractérise par une grosse inertie. C’est comme un gros camion : lancé toute blinde sur la route, il lui faut plusieurs dizaines de mètres pour s’arrêter même lorsqu’on appuie sur les freins. Or, comme l’expliquent les spécialistes, le potentiel de réchauffement supplémentaire des gaz à effet de serre déjà dans l’atmosphère avoisine déjà environ 0,3°C. L’Accord De Paris est donc hors d’atteinte même si on arrêtait dès aujourd’hui d’émettre du carbone (ce qui est totalement invraisemblable vu nos modèles sociaux et économiques).

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Figure. 1.  Variation de température sur l’ensemble du globe corrigée des variations périoditques (NOAA data, cf. Hansen, J, R Ruedy, M Sato, and K Lo, 2010: Global surface temperature change. Rev. Geophys., 48, RG4004.)

L’accord de Paris est déjà hors d’atteinte. Pourquoi c’est dramatique ?

Cet objectif de 1,5 degré Celsius avait été arraché à Paris par le groupe des pays les plus vulnérables a.k.a ceux qui risquent de tout simplement disparaître à cause du changement climatique (pays insulaires) ou qui n’ont pas les moyens de s’adapter (pays très pauvres). Cette nouvelle est donc pour eux un affront. Pour le reste du monde économique, c’est aussi un très mauvais signal. Pourquoi respecter les engagements d’un accord dont le principal objectif est d’ores et déjà dépassé ? Où fixer la prochaine limite ? 2 degrés ? 3 degrés ? Tout ce que nous savons aujourd’hui c’est qu’à partir de 2 degrés de réchauffement, la vie humaine sur notre planète est grandement menacée. Au-dessus de 4 degrés elle serait impossible sur une bonne partie du globe (voir les zones en marron sur la carte ci-dessous). Au-delà, c’est tout le vivant (nous compris) qui peut faire ses valises. Si ce premier accord pour 1,5 degré n’a pas été respecté quid des suivants ?

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Accord historique ou foutage de gueule de l’Histoire ?

Pire, il est fort probable que les signataires de Paris avaient déjà anticipé ce dépassement. Ils auraient donc signé un accord sans valeur, dans la joie et la bonne humeur et sous le regard des caméras et des citoyens du monde entier ? Au final, cet échec ouvre peut-être la voie à un monde où il est vain de fixer et respecter un seuil de température à ne pas dépasser. Roue libre, on lâche les freins et on fonce dans le mur. En l’état, les conclusions de l’Accord de Paris (et la synthèse des contributions de chaque pays) nous conduisent à un monde à +3,5 degrés. Aucune baisse des émissions de gaz à effet de serre n’est prévue avant 2023 alors que le seul scénario scientifique qui limiterait la casse (le scénario RPC 2,6 du GIEC) nous imposerait une baisse des émissions de 9% par an à partir de 2020. Heureusement qu’une révision des réductions de gaz à effet de serre est prévue tous les 5 ans.

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 Figure 2 : Carte des zones habitables (en vert) dans un monde à +4 degrés celsius (Source New Scientist, 2009, How to survive the coming century?, Gaia Vince)

 

Autres mauvaises nouvelles en vrac

Depuis l’année dernière, l’actualité des enjeux environnementaux a été riche mais pas franchement réjouissante. La lecture des lignes suivantes est réservée aux esprits les plus aguerris.

Le CETA passe en douceur

L’Europe et le Canada ont signé leur traité de libre-échange (CETA) sans consulter leurs citoyens. Les nouvelles modes de démocraties participatives, des circuits courts et des normes environnementales exigeantes ainsi que l’urgence climatique n’ont pas encore convaincu nos décideurs qui continuent à concevoir des projets politiques comme au XXe siècle.

L’humanité vit toujours plus à crédit

Chaque année, l’ONG Global Footprint Network calcule le sinistre « Jour du dépassement » où l’ensemble des ressources renouvelables que la planète peut produire en une année ont été consommées. En 1971, c’était le 24 Décembre. Depuis cette date n’a fait que reculer et en 2016 c’était le 8 août. Depuis, l’humanité vit à crédit.

Les enjeux environnementaux reculent dans les débats publics

En 3 débats sur la présidentielle américaine, le changement climatique et les autres enjeux environnementaux n’ont jamais été évoqué par Donald Trump ou Hilary Clinton. Le premier est un climato sceptique reconnu qui affirme vouloir retirer les Etats Unis de l’Accord de Paris. La seconde est très proche des lobbies pétroliers et financiers américains qui n’ont aucun intérêt à lutter contre le changement climatique.

Du côté de chez nous, c’est pas la gloire non plus. Un ancien chef de l’état candidat à sa réélection vient de faire un virage climato-sceptique inattendu alors que le reste des candidats à l’élection présidentielle et l’opinion ne semblent pas très portés non plus sur les questions environnementales. Dans le dernier baromètre de l’IRSN sur les risques qui inquiètent les Français (voir figure 3), terrorismes et chômage caracolent devant les risques environnementaux et les bouleversements climatiques. Pourtant, en 2013, la pollution atmosphérique a tué 5,5 millions de personnes dans le monde (1 décès sur 10). Si on s’intéresse à la sécurité, au cœur des débats politiques et médiatiques du monde entier, les guerres dans le monde auraient fait 180 000 morts et on dénombre 570 000 morts avec violences (crimes, terrorisme…). Deux poids, deux mesures.

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Figure 3 : Baromètre IRSN sur les risques qui inquiètent les français.

Bayer et Monsanto accouchent d’un monstre

Bayer a racheté Monsanto. Ce nouveau monstre de l’agro-industrie contrôle donc l’ensemble de la chaîne de production de ce qui se trouve dans notre assiette : des semences (Monsanto) aux pesticides (Bayer). C’est comme si votre médecin fabriquait la grippe et la gastro pour vous vendre des vaccins. Pratique !

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Crédit dessin Wingz 

Brexit is not the answer

Les britanniques ont dit Oui au Brexit. Quel rapport avec l’écologie ? Je pense que la question des enjeux environnementaux doit se traiter par un rapprochement des peuples car il s’agit de décider de notre destin commun, au-delà de tout individualisme ou nationalisme. Le projet d’Union Européenne, malgré ses défauts qui commencent à devenir très problématiques, avait le mérite de s’inscrire dans ce sens. Le départ du Royaume Uni pourrait fragiliser dangereusement sa base si ses dirigeants actuels ne profitent pas de ce signal d’alarme pour reformer en profondeur cette ambitieuse vision politique. Il est important de rappeler que l’Union Européenne avait fait figure de pionnière sur la question climatique dans les années 1990-2000. Ensemble, les 28 états membres ont le pouvoir d’insuffler un mouvement politique d’ampleur mondial.

La montée de l’extrême droite en Europe

D’ailleurs, le rapprochement des peuples ne semble plus à l’ordre du jour. L’extrême droite semble progresser partout en Europe (Autriche, Allemagne,  Suède, France…). Donald Trump promet de construire un mur entre les Etats Unis et le Mexique.  Toujours en Europe, on construit déjà des murs pour prévenir l’arrivée de migrants et demandeurs d’asile. 25 ans après la chute du rideau de fer, l’Europe renoue donc avec les pires moments de son Histoire. Rappelons donc que ces événements ont été déclenchés par l’arrivée de quelques millions de réfugiés fuyant guerres, famines et sécheresses (exactement 1,9 million en 2014 selon Eurostat). Que ferons-nous lorsque débarqueront à nos portes les 300 millions de migrants fuyant le changement climatique ?

Conflits autour des grands projets industriels controversés

En France, le débat autour des grands projets industriels controversés s’est enlisé. Malgré la position officielle du gouvernement français lors de la COP21 et les mobilisations répétées de la société civile, le « Business As Usual » et des projets comme le nouvel aéroport de Notre Dame des Landes (NDDL) ou le monstre EuropaCity (où on prévoit de construire notamment des pistes de ski en banlieue parisienne) sont encore d’actualité. Concernant NDDL, le conflit a connu il y a quelques jours un nouveau rebondissement susceptible de conduire à l’annulation des travaux.

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Photo : La manifestation du « chant des bâtons », à Notre-Dame-des-Landes, le 8 octobre 2016. JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

La transition énergétique française se dote de son outil opérationnel

Toujours en France, il aura fallu attendre plus d’un an pour que la loi sur la transition énergétique (entrée en vigueur en aout 2015) soit accompagnée de son organe opérationnel en matière de développement énergétique (la Programmation pluriannuelle de l’Energie, PPE). On retiendra la baisse de la consommation finale d’énergie de 12,3% entre 2012 et 2023, la baisse de la consommation d’énergie fossile de 22%,  que la promesse de François Hollande de fermer Fessenheim est tenue et que l’éolien terrestre (26GW en 2023) et le solaire photovoltaïque (20 GW en 2023) vont rejoindre le niveau de puissance installée de l’hydroélectricité (25 GW[i]). Cependant, ces objectifs place la France en dessous des ambitions de ses voisins européens. L’éolien offshore (pourtant en plein développement, notamment au Royaume Uni) et la méthanisation sont les grands absents de cette PPE. Concernant le passage de 75% à 50% de production nucléaire d’énergie électrique, inscrit noir sur blanc dans la loi de transition énergétique, n’est pas tranché et sera discuté entre 2019 et 2023.

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Disparition de 60% des vertébrés de la planète

Il y a quelques jours, un nouveau rapport du WWF a fait grand bruit  , annonçant que les pressions environnementales d’origines humaines avait conduit à la diminution de 58% de la population de vertébrés de la planète. Dans certains milieux comme l’eau douce, le constat est encore plus dramatique avec une baisse de 80% des effectifs vivants. Le plus dramatique dans cette histoire, c’est que ces chiffres ne représentent que la partie visible de l’Iceberg. En effet, les espèces citées dans ce rapport sont celles qui préoccupent le plus le grand public. Mais la biodiversité ne s’arrête pas aux éléphants et aux dauphins Irrawaddy du Mékong aussi mignons soient-ils. Le vivant est aussi constitué de milliers d’espèces anonymes et moins sexy (plantes, insectes, bactéries…) qui vivent toutes en interaction les unes avec les autres. Leur inventaire est de l’ordre de l’impossible mais elles subissent tout autant les pressions liées à nos modes de vie.  Leurs interactions sont extrêmement complexes et difficiles à étudier mais elles ont fait la force de l’évolution depuis des millions d’années. La disparition d’une seule espèce affaiblit ainsi peu à peu ce système complexe, le rendant plus vulnérable en cas de crise (comme le changement climatique). Bientôt l’humanité découvrira qu’elle n’est qu’une espèce parmi les autres et qu’elle a besoin de l’ensemble du vivant pour se nourrir, respirer ou boire.

Au rayon des bonnes nouvelles

Au milieu de tous ces nuages gris, difficile d’entrevoir les rayons du soleil. Et pourtant, il y en a (un peu). Essayons de les dénicher.

Le succès inattendu du film DEMAIN

La première bonne nouvelle est venue du succès populaire du documentaire DEMAIN réalisé par Mélanie Laurent et Cyril Dion. Même si beaucoup ont souligné que ce film ne permettait pas de changer de paradigme (comme ici), le million d’entrée de ce documentaire centré « solutions » et son succès de diffusion dans de nombreux pays montre que ce sujet peut intéresser l’opinion publique. Le succès critique, entériné par une victoire au Césars pour le « Meilleur documentaire » de l’année 2016 est venu comme une cerise sur le gâteau pour ce film en partie financé par les internautes.

Léonardo Di Caprio continue de mobiliser autour du changement climatique

On peut également noter la mobilisation importante autour du film de Leonardo Di Caprio, Before the flood.   L’acteur américain avait déjà fait sensation en Février en recevant son premier oscar et en dédiant son discours à l’urgence climatique. Cette fois-ci, Leo parcourt la planète pour observer les conséquences du changement climatique et susciter l’éveil du public (notamment américain) sur cette question.

Clap de fin pour les hydrofluorocarbures (HFC)

Le 15 Octobre 2016, les 197 parties signataires du protocole de Montreal se sont accordées sur la fin des HFC, des gaz utilisés comme réfrigérants, dans les climatiseurs et les réfrigérateurs et dont l’effet de serre est 14 000 fois plus puissant que le CO2. Ils avaient fait leur apparition en remplacement d’autres gaz (les CFC) dans le cadre du protocole de Montréal signé en 1985 et dont le but est de lutter contre la destruction de la couche d’ozone (un gaz qui nous protège des rayonnement du soleil).

Contrairement aux énergies fossiles, l’humanité pourra plus facilement se passer des HFC car leur utilisation est très spécifique et des alternatives industrielles solides existent déjà. Le consensus a donc été relativement plus facile à atteindre. En tout cas c’est une petite victoire dans la lutte contre le changement climatique car une étude de l’Institut pour la gouvernance et le développement durable prévoit que la fin des HFC nous permettra d’éviter un réchauffement supplémentaire de 0,5 degré d’ici 2100.

Les bénéfices de la permaculture démontrés par l’INRA

L’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), plutôt connu pour son soutien à l’agriculture industrielle, a jeté un pavé dans la mare en publiant une étude réalisée depuis 4 ans au sein de la ferme permacole du Bec Hellouin. Cette étude montre la viabilité économique d’une agriculture très peu mécanisée, sur une très petite surface cultivée et positionnée sur des circuits courts. Innovante et créatrice d’emplois, cette agriculture va à l’encontre de 60 ans de politiques agricoles françaises et européennes. Elle démontre de nouveau que ce sont des petits producteurs qui répondront à la problématique agricole mondiale contrairement à tous les discours agro-industriels.

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Photo : Ferme du Bec Hellouin, INRA

L’aviation civile se met timidement à l’heure du changement climatique

L’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI) a annoncé début octobre la mise en place d’un système de compensation carbone pour les vols commerciaux internationaux. C’est la première fois que ce secteur (qui représente 2 à 3% des émissions de gaz à effet de serre mondiales) prend en considération le changement climatique. On regrettera cependant aucune annonce claire sur des objectifs de réduction des émissions du secteur et que ce mécanisme uniquement compensatoire ne couvrira que 60% des émissions du secteur (celles liées aux vols nationaux n’étant pas pris en compte).

Création de la plus grande réserve maritime du monde en antarctique

Fin octobre, la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) a annoncé avoir trouvé un accord international pour la préservation d’une zone de 1,55 millions de km2 regroupant plus de 10 000 espèces endémiques.

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Photo : Des manchots empereurs avancent sur la banquise, le 5 janvier 2016, en Antarctique.  (RIEHLE GUNTHER / SOLENT NEW / SIPA)

Les négociations du TTIP patinent

Les plus cyniques diront que c’était pour faire retomber la mobilisation citoyenne afin de mieux faire accepter le CETA mais il faut reconnaître que l’enlisement des négociations autour du traité transatlantique (TTIP) est une bonne nouvelle !

Le boom des énergies renouvelables

Un des principaux rayons de soleil dans cette année d’enjeux écologiques, est sans contexte la radicale transformation observable dans le secteur de l’énergie électrique. Anecdotiques il y a moins de 5 ans, les énergies renouvelables ont dépassé les énergies fossiles en termes de puissance installée avec 153 GW installés en 2015 soit 55% de l’ensemble des nouvelles capacités. En ce qui concerne la puissance installée totale et cumulée, les énergies renouvelables ont déjà dépassé le charbon. Ce boom a été principalement porté par l’éolien terrestre (63 GW) et le solaire photovoltaïque (49 GW). Le coût du solaire a ainsi chuté de 70% depuis 2010, et les estimations industrielles planchent sur une nouvelle baisse de 25% avant 2021. Sur la même période, les  coûts de l’éolien ont déjà baissé de 30% et devraient encore baisser de 15%. Quand on recherche quelles sont les zones géographiques concernées par ce développement accéléré, on s’aperçoit qu’à l’heure de l’austérité budgétaire, l’Europe (Voir figure 4, EMEA), pourtant historiquement leader sur ce sujet, a gelé ses investissements dans  les énergies renouvelables depuis 3 ans. Le boom actuel provient donc essentiellement d’Asie (APAC) et tout particulièrement de Chine et, dans une moindre mesure, d’Amérique (AMER)

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Figure 4: Nouveaux investissements dans les énergies propres en fonction des régions du monde

La prochaine étape devrait être celle de l’énergie produite. Car malgré une puissance installée de plus en plus importante, le solaire, l’hydraulique et l’éolien ne représentent que 23% de l’énergie produite dans le monde à cause des variations d’ensoleillement et de vent. Ces chiffres sont issus des derniers scénarios prévisionnels de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Détail amusant : depuis que ces scénarios existent, ils ont toujours sous-estimé la réalité du développement des énergies renouvelables (voir figure 5). De bonne augure pour l’avenir ?

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Figure 5 : En matière de développement des énergies renouvelables, l’AIE a jusqu’ici toujours établi des scénario en deçà de la réalité. Source Energy Watch Group

La ratification de l’Accord De Paris

La seconde excellente nouvelle de cette année 2015, c’est la rapidité du processus de ratification de l’Accord de Paris. Pour entrer en vigueur, ce texte devait pouvoir compter sur les engagements de 55 des 196 parties (195 pays Etats + l’Union Européenne) représentant plus de 55% des émissions de gaz à effet de serre mondiales. C’est chose faite depuis le 5 Octobre, et l’accord est donc entré en vigueur, un mois plus tard, le 4 Novembre 2016 juste avant le début de la COP22 avec l’ensemble des plus gros pollueurs (Chine, USA, Inde, Union Européenne) qui avancent dans le bon sens. Seuls la Russie et les pays pétroliers de l’OPEP semblent pour l’instant peu enclins à enter dans la danse. Dans l’histoire de la diplomatie internationale cette rapidité est un record. Même si cet accord n’est pas encore à la hauteur des enjeux (Voir la COP21 va-t-elle sauver le monde ? ), c’est une bonne nouvelle car, à Marrakech, les négociateurs pourront se concentrer sur la mise en application de l’accord plutôt que sa ratification.

Les enjeux de Marrakech

La COP22 qui s’ouvre demain à Marrakech sera certainement moins médiatique que la COP21. Peu de chefs d’Etat – une vingtaine, dont François Hollande – ont pour l’instant annoncé leur participation à la conférence. Marrakech doit maintenant confirmer la dynamique de Paris. Le financement du fond vert (100 milliards dédiés à l’adaptation au changement climatique) doit s’accélérer. Globalement, cette COP doit nous munir des outils opérationnels nous permettant de respecter les engagements de Paris.  Ségolène Royale, présidente de la COP21 a annoncé que de nombreux partenariats opérationnels seront annoncés. D’autres questions essentielles comme de fixer un prix au carbone sont toujours sur la table. C’est donc un rendez-vous tout aussi crucial que celui de l’an dernier. La COP21 à Paris a permis la mise en place tactique. La COP22 de Marrakech peut permettre le coup d’envoi du match de l’humanité contre le changement climatique.

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Notes :

[i] Même si il convient de relativiser l’impact de ces nouvelles capacités en renouvelables : le solaire ne parvenant qu’à produire 20TWh d’énergie annuellement contre 60 TWh pour l’éolien et l’hydraulique.

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9 réflexions sur “Bilan: un an d’écologie depuis la COP21

  1. Bel article, bravo Guillaume! Et espérons que le financement du fond vert sera à la hauteur de ce qui a été promis! Tu me diras, on a des milliers de choses à espérer… Mais je préfère essayer de rester optimiste!
    A bientôt!

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  2. Merci Guillaume pour ton article, j’ai pas lu toutes les mauvaises nouvelles je t’avoues, je préfère rester sur du positif 🙂
    Au plaisir de te lire.

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